LE RMI, les emplois-jeunes, le 21 avril 2002 et... moi

| publié le 3 avril 2007 |

Bonjour,

J’habite à Reims, j’ai 36 ans et je "bénéficie" du rmi depuis presque 7 années déja. J’ai un niveau licence de psycho mais après un lourd echec et l’épuisement de mes droits chômage après avoir été "pion" pendant quelques années, j’ai voulu demander un emploi jeunes : à l’époque ( 1999 ou 2000) : on me l’a refusé !

Motif ? Après 25 ans ( surtout à 30 ans ), si vous touchez une allocation chômage, vous ne rentrez plus dans les ayants droits des emploi jeunes ! En gros, si je n’avais pas bossé : on m’aurait accordé cet emploi jeune : un comble !! Résultat de ce refus d’emploi jeune au vu de mon âge et du fait que je touchais du chômage ( ! ) : c’est la dégringolade . Totale perte de confiance en moi ( ça a toujours été un peu le cas ) et je me laisse couler... non sans avoir effectuer un "stage pour retrouver un emploi" ,sans succés.

On a fini par me radier de l’anpe ( comme par hasard : juste avant les élections présidentielles de 2002 ! Disons que j’aurai participé à la baisse officielle des statistiques du chômage à l’époque ;) ! Mais cela ne veut pas dire que je suis resté inactif : j’ai fait de la musique ( en amateur ) , j’ai participé à des petits projets artistiques...

Etant donné mon histoire personnelle, il m’est très difficile d’affronter le monde du travail : mon dernier entretien m’avait littéralement fait craquer et je ne compte pas les expériences traumatisantes que j’ai vécues à cause de "petits chefs" ou même de collègues de boulot !

J’ai vu des psys... j’ai pris des anti dépresseurs, j’ai picolé etc... j’ai trouvé un bon psy mais je suis du genre "border line" : je ne suis pas psychotique ( je suis un grand névrosé, voilà tout ! ) et je me sens totalement déconnecté de cette société. J’ai un projet personnel qui me tient à coeur mais ça me demande beaucoup d’énergie, c’est une obsession mais c’est un passage indispensable afin de retrouver un minimum confiance en moi même si ça ne me rapportera jamais rien.

Une fois par an, je fais les vendanges : pas de stress, c’est physique certe mais on te fout la paix... et surtout, ’ils" ne prennent pas en compte le salaire pour le rmi ! Et puis ça me permet de leur prouver que je ne suis pas un faineant ( bien que je me méfie de ce mot au passage... je joue un peu leur jeu sur ce coup là... "culpabilisation", "culpabilisation" encore !

Mais voilà : tout comme beaucoup de rmistes, je me rends compte que depuis un certain temps, on me fout de plus en plus la pression ! Et quand je vais à un rendez vous chez un ’instructeur" -je vous invite d’ailleurs au passage à lire l’excellent bouquin : "les aventuriers du rmi" de Jerôme Akinora ( je m’y suis retrouvé ! ) - , j’y pars la trouille au ventre ! Le mec ( censé avoir fait des études dans le social ) me met direct hyper mal à l’aise : j’ai l’impression dêtre face à un flic !... Je culpabilise de plus en plus !

Mais j’ai encore besoin d’un petit délai... va t’on me l’accorder ? J’en doute ! Evidemment, je précise que le conseil régional est bien à gauche ( socialiste ) ... je veux bien moi trouver un travail mais à condition qu’il ne me rende pas malade ! Je précise que je vis seul : je suis autant marginal sentimentalement, sexuellement que professionnellement... mais ça : le mec qui te suit individuellement, il n’en a rien à foutre ou plutôt, il est payé pour ta réinsertion, pas pour faire de la psychologie... Il est probable que si j’étais amoureux : je serais mieux à même d’accepter n’importe quel boulot ! Savoir que le soir, tu ne vas pas te retrouver tout seul... que tu vas te sentir soutenu... ça donne de la force ! Car tout seul : à quoi bon accepter un boulot qui ne va rien t’apporter dans ton épanouissement personnel, ni même de confort supplementaire ou à peine !

J’ai une certaine culture : mais comment continuer de se cultiver ( écouter un disque, lire, sélectionner une bonne émision à la télé ( vive arté ! )... quand on rentre du boulot totalement anéanti physiquement ( rendement oblige ! ) et psychologiquement très affaibli par d’éventuelles moqueries de la part de tes propres collègues ou petits chefs qui se sont amusés à te montrer du doigt ? je veux bien trouver un travail qui corresponde à peu près à mon savoir, à ma culture : mais qui va accepter ce trou gigantesque dans mon cv ? je connais un pote qui cumule des petites missions d’interim que personne d’autre ne veut... avant qu’on lui retire autant de rmi quelques mois plutard...

Ce qui est dingue : c’est qu’on me pousse presque à picoler davantage... quitte à devenir un "vrai alcoolique" afin qu’on reconnaisse mes handicaps... mais heureusement que j’ai encore la volonté de stopper ce cercle vicieux et ce : peut être grâce à mon goût pour l’ Art... Je nes suis pas un créateur mais un grand réceptif, je me sens donc artiste à ma façon... Avez vous remarqué que les hommes ou femmes politiques ne parlent plus jamais d’Art ou même de Culture dans leurs discours !! On veut faire du "populiste" ( je n’ai pas dit "populaire" ) : en remettre une couche sur le sentiment d’insécurité par exemple... Les politiques auraient ils oublié qu’on est un pays d’une immense culture... de plus en plus métissée d’ailleurs !

"Vive le métissage ! "

Mais l’Art, la Culture, ça n’attire pas d’électeurs... alors que parler "d’assistanat" ... C’est tellement facile d’aller trouver des "boucs emissaires" ( rmistes, immigrés... )

Une chose est sûre ! On ne devient pas rmiste par hasard : je ne raconterai pas mon histoire personnelle... mais "ceci" pourrait expliquer "cela"... Biensûr, certains s’en sortiront : gagneront une place dans le système  ! Mais il existe des personnes plus faibles que d’autres, en raison de leur sensibilité propre, souvent liée à leur histoire personnelle... et chaque chemin de vie est unique, on n’a pas à juger qui que ce soit, encore plus quand on ne connait rien de la personne !

Mais nous avons toutes et tous un point commun : nous sommes humains !

Bref ! Je voulais témoigner que la pression envers les rmistes, elle est là et bien là ! Et pas qu’à droite ! Et Il n’y a qu’à voir comment une certaine "Ségo" parle de nous :

"je ne veux plus d’assistés" ou "d’assistanat" : je l’ai vu et entendue à la télé et j’ai constaté quel ton elle employait : autoritaire, d’une froideur totale, agressif ! Je me suis senti personnelemment insulté, humilié ! Mais qui a remarqué cette partie -très brêve- de son long discours, à part les personnes concernées ? Personne bien entendu ! Car les politiques savent bien que cet electorat marginal ne pèse vraiment pas lourd ( combien de rmistes ont une carte d’electeur ? Et encore : je parle de ceux qui ont un appart, pas des sans domicile fixes ! )

C’est scandaleux que les socialistes s’y mettent ! Ils n’ont toujours pas compris les raisons de leur échec politique cataclysmique de 2002... 5 ans plutard... mais bon, ce n’est que mon opinion... A votre avis : après m’être vu refuser un emploi jeune : croyez vous que j’ai voté socialiste au premier tour ?

Et en admettant que la gauche revienne au pouvoir ( c’est sûr ! c’est mieux que sarko ! ) : une question concernant les rmistes me taraude : au bout de combien de temps mettront ils en place "le revenu de solidarité active ou rsa" inventé par l’association "Emmaüs" ? ça : ils ne le disent pas...

Si seulement tous les rmistes pouvaient s’unir !...

Alors pour finir : je tiens à vous saluer et à vous féliciter quant à la création de ce site qui a le grand mérite de permettre à tout rmiste, tout marginal de s’exprimer : enfin !

manu.

Ps ) je me suis relu et corrigé : désolé pour la longueur excessive de mon témoignage...