Du RMI...au RMI, en passant par l’emploi précaire....

| publié le 3 avril 2007 |

Age : 43ans

Sexe : Féminin

Région : 34

2 enfants

L’entrée dans le RMI

En 1989 jusqu’au début 90 , date à laquelle je rentre dans un stage formation en alternance d’employé des services administratifs et commerciaux (ESAC), proposé par le CIO. Stage rénuméré par le CNASEA à hauteur de 3800 Francs mensuels, somme que je percevais car j’avais le statut de travailleur handicapé, statut obtenu par l’ANPE. Autrement le stage était payé 2200 francs par personne pour 39 heures par semaine voire moins suivant l’âge et le statut familial. Suspension de stage fin juillet pour tout le monde en attendant d’avoir une autre affectation dans un autre organisme de formation. Je suis alors convoquée par un autre organisme et je débute en septembre jusqu’en juin 91, il manque encore 6 mois mais je ne suis pas reconvoquée l’organisme ne souhaitant pas ma présence, et étant donné qu’a ce moment là je suis enceinte, je n’ai pas été quémander ma place.

Je faisalors un dossier API, qui aura un retard de 4 ou 5 mois avant que je puisse la toucher, rétroactivité comprise. L’aide de proches et de parents m’ont permis de survivre en attendant, sans eux j’aurais crevé la gueule ouverte.

6 mois plus tard je retravaille, j’ai eu beaucoup de mal à trouver une crèche, aucun service social ne m’a aidé dans ces démarches, ils m’ont juste fourni une liste de crèches. J’ai eu la chance d’obtenir une place en crèche au bout de quatre mois seulement, après quoi j’ai pu reprendre un boulot. J’alterne alors CDD, CES, intérim et périodes d’essai et de stages de perfectionnement bidons pendant environ 2 ans.

J’ouvre des droits assedic et je commet alors l’erreur de leur fournir une grande partie de mes originaux. Quand finissent mes droits assedic en été 96, je veux rouvrir un dossier RMI, la CAF me demande de fournir le dossier de l’assedic précisant que je n’ai plus de droits ouvert à l’assedic, notamment à l’ASS.

Le problème c’est que l’assedic à perdu les originaux de mon dossier et donc je ne peux fournir cette preuve à la CAF car je ne peux même pas remplir moi même ce dossier. Cela bloquera ma demande pendant 6 mois, j’ai du faire un crédit à la consommation de 5000 Francs et encore si je n’avais pas touché un héritage suite au décès de mon père ajouté à l’aide de certains proches, j’aurais moi et ma fille crevé la gueule ouverte. J’ai tout de même eu la rétroactivité des droits en harcelant de façon constante l’assedic et les services sociaux. En été 97 je suis à nouveau enceinte et je bascule en API.

En avril 98, je me déclare en couple et donc mon API est supprimée. Mon compagnon touche des droits assedic et fait parfois des missions d’intérim. Suite à une demande d’aide à l’assistante sociale de secteur pour toucher des bons alimentaires, elle n’accède pas à ma demande et me dit de passer en commission de surendettement pour une dette d’environ 1000 francs que je refuserais, car j’ai entendu dire que cela pouvait dans certains cas, conduire à une mise sous tutelle. Elle m’informe également que si mon compagnon ne prend aucune mission pendant trois mois, nous aurions le RMI couple. Le problème c’est que mon compagnon ne disposait pas des papiers demandés par la CAF, donc nous n’avons rien eu. J’ai du refaire un prêt et vivre sur ce que j’avais mis de côté pour mes enfants.

Étant toujours inscrite comme demandeur d’emploi à l’ANPE, je suis convoqué en septembre, durant l’entretien on me signale que le fait d’être malade (je souffre d’une hépatite C) peut être nuisible à un suivi normal et ils me disent que je ne suis pas réellement disponible et veulent me radiér, L’ANPE m’impose un suivi dans une association genre secours catholique, j’y suis convoquée une fois par semaine, on m’y fait refaire mon CV, si on rate le rendez-vous on peut être radiée etc... J’ai accepté ce suivi car j’étais persuadée, que pour continuer à percevoir le RMI ou être prioritaire sur des boulots, on était obligé de rester inscrite à l’ANPE.

En janvier 99 je débute un CES de monitrice informatique qui durera deux ans (un de six mois, un de un an et un autre de six mois). Pendant ces contrats je retente en janvier de rouvrir mes droits API suite à la séparation d’avec mon conjoint, et suite au conseil d’un collègue qui cumule des résidus assedic au CES.

Je subis alors un contrôle de la part CAF, le contrôleur de la CAF est venu chez moi à 9H sans que j’en ai été prévenue auparavant. Je lui ai ouvert, il m’a demandé de répondre à un questionnaire. Deux amis (masculins, dont mon ex compagnon) buvaient le café chez moi et comme j’avais peur que cela prête à confusion je lui ai proposé moi même de regarder dans l’appartement et les placards. Il ne le fera pas et me demandera de signer le questionnaire.

Suite à cela on me demande en permanence des papiers complémentaires destinés à prouver que mon ex compagnon n’est plus domicilié chez moi. La CAF a des doutes car, suite à notre séparation, il n’est plus allocataire de la CAF. Je dois fournir moi même des preuves comme quoi il est hébergé chez un ami à titre gratuit (ami qui m’accompagnera à la CAF avec les attestions et les justificatifs, que nous devrons et fourniront moult fois). Rien n’y fait je ne toucherais rien. Du coup je ne peux même pas bénéficier de la carte santé, car on me demande des papiers comme quoi je touche l’API.

Fin décembre 2000 mon CES prend fin et je rouvre des droits assedic et en même temps je fait un dossier RMI, RMI que je touche en compléments des assedic à hauteur d’une centaine de francs par mois, ce qui me permet d’avoir la CMU jusqu’en mi 2003.

Là, mes droits assedic prennent fin et la CAF me dit qu’elle n’a pas reçu ma déclaration trimestrielle. Je leur enverrai plusieurs fois sans succès, même après l’avoir déposée dans leur boite aux lettres. Il ne me reste plus à ce moment que l’APL, l’allocation de soutien pour la pension alimentaire et l’allocation de la CAF pour mes deux enfants, ce qui me fait 170 euros. Je fais un recours avec l’assistante sociale et une demande d’aide d’urgence qui sera refusée la première fois, une seconde demande sera faite après ce refus, qui cette fois sera acceptée (200 euros) en janvier, parallèlement je touche l’aide de l’assedic en janvier également (266 euros).

De août à février je n’ai donc eu que 170 euros par mois pour vivre avec mes deux filles. Lorsqu’ enfin en février le dossier est débloqué avec rétroactivité, (rien que pour avoir cette rétroactivité j’ai du passer en commission car ils estimaient que la faute m’incombait, que j’aurais dû m’en rendre compte avant etc...), il y’a alors une nouvelle erreur puisqu’ils me versent le RMI pour une seule personne. L’assistante sociale contacte la CAF pour signaler l’erreur qui sera réparée mais ils ne réévalueront pas la rétroactivité et l’AS me dira de ne pas insister, que je devrais être heureuse que tout soit rentré dans l’ordre.

Je toucherais le RMI jusqu’en fin 2006 où la je bascule en AAH après trois dossiers envoyés et un recours. Au niveau des contrats d’insertion, durant ma seconde période de RMI, je désirais signer sur le logement vu que mon appartement était trop petit pour moi et ma fille. Cela a été accepté une première fois à condition de le coupler avec, pour principal objectif, le retour à l’emploi. Mais les autres fois on m’a refusé de le mettre me prétextant que j’avais déjà un toit sur la tête.

Pour ma troisième période de RMI, j’ai toujours signé sur la santé, sauf sur le premier où j’ai signé sur le retour à l’emploi car je ne tenais pas à rentrer en traitement pendant 1 ans et fournir des justificatifs de suivi.

Comme j’étais vraiment trop malade pour travailler, j’ai fini par dire oui au contrat santé comprenant un suivi psychologique et physique. »

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