| publié le 15 mars 2007 |
Avant de toucher le RMI, j’étais musicien. Compositeur, plus exactement. Mes revenus provenaient essentiellement de la Sacem. J’ai été intermittent par intermittences. Je n’étais plus intermittent depuis deux ans quand j’ai commencé à toucher le RMI. Je l’ai obtenu un mois après en avoir fait la demande. J’ai eu au début un contrat d’insertion, plus depuis. Je n’ai pas été recontacté par la suite, ou pas trop. On ne me propose rien. Mon assistant social m’a dit : on n’ a plus rien. Il y a eu une réforme, on vous lâche. On m’a proposé des boulots qui ne me correspondaient pas. J’ai travaillé au noir. Non, on ne m’a pas proposé de contrat d’avenir. Je n’ai pas eu droit à une visite domiciliaire. Ni suspension ni radiation. Si, en fait, une suspension courte pour déclaration trimestrielle de revenus non retournée. Je suis au RMI depuis 4-5 ans. Le RMI, c’est presque un métier. Il devrait y avoir un syndicat
Avant, j’étais gérant de société en faillite civile. J’ai touché le RMI au bout de deux mois. On ne m’avait pas proposé d’aide d’urgence entre-temps. J’avais un problème de logement dès le départ. Au bout de trois mois, je demande à rencontrer une assistante sociale. La seule chose qu’elle trouve à me dire, c’est : "Allez à l’ANPE, il faut aller chercher du boulot."’ Je n’ai reçu aucune proposition dans le cadre du contrat d’insertion. Tant que je n’ai pas de logement, je n’ai pas le droit de garder mon enfant. Et je suis obligé de garder mon boulot (CDI chez Carrefour) tant que je n’ai pas de logement. On m’a proposé un hébergement en foyer. A trois, avec un enfant, ce n’est pas possible. J’ai retrouvé un emploi avec la maison de l’emploi. J’ai repris le boulot au bout de deux ans (de RMI). Je n’ai reçu aucune aide du type pécule d’insertion. Aujourd’hui, mon RMI est coupé. Il a été maintenu trois mois, puis en cumul pendant neuf mois. J’ai touché la prime pour l’emploi. Pour le logement, il y a le Locapass pour payer la caution, mais il faut un an d’ancienneté dans le boulot. C’est ce qu’on m’a dit chez Carrefour. Je suis fatigué, je n’ai pas de toit, je risque de quitter mon boulot. J’ai été radié deux fois de l’ANPE parce que je ne me présentais pas aux convocations. Ils voulaient juste m’embêter, rien à me proposer. Quand j’étais à Strasbourg, l’ANPE voulait m’envoyer à Metz, à près de 200 km. J’ai un CDI, tout ce qu’il faut pour avoir un studio, en principe. On me le refuse. L’assistante sociale m’ a toujours dit qu’il fallait d’abord que j’aie un travail : maintenant que j’en ai un, elle ne veut pas me recevoir, elle me dit que je peux trouver dans le privé, qu’il y a des situations plus difficiles que la mienne
Je suis arrivé en France en 1967 à 23 ans. La première fois que j’ai touché le RMI, c’est en 1990. À cette époque on attendait un trimestre et l’on était payé par chèque. J’ai touché le RMI jusqu’en 1996 après je suis allé en maison de repos. Quelque temps après j’ai été embauché en CES comme agent administratif à la ville de Paris. Ensuite, j’ai touché le chômage pendant un temps et je suis retourné au RMI en 2004 quand mes assedics étaient épuisés. À ce moment, ils m’ont fait signer un contrat d’insertion et ils m’ont proposé de faire un stage de bureautique et d’Internet. Le stage était financé par le Conseil Régional d’Île-de-France. Je l’ai fait. Mais en 2003, j’avais 50 ans et plus aucun employeur ne voulait m’embaucher. Ce stage, c’était pour m’emmerder. Mais je voulais le faire. Après ils m’ont proposé des boulots qui n’avaient rien à voire avec la formation que j’avais faite ni avec mon parcours. Alors j’ai toujours refusé. C’étaient des boulots dans la restauration. Ils n’ont rien à vous proposer. La Caf est venue une fois chez moi pour voir si j’hébergeais quelqu’un. Aujourd’hui il faut que je montre que j’ai fait ma demande de retraite sinon, il me coupe le RMI.
Je suis entré au RMI en 1989. Avant, je travaillais dans l’agriculture. J’ai fait plein de petits boulots. J’étais bouche-trous en sorte. Sinon j’ai fait un apprentissage de cuisinier. À l’époque, il n’y avait pas de contrôle. On touchait 1600 francs. On ne vous proposait rien. J’avais une assistante sociale aux petites soeurs des pauvres. J’étais SDF parfois en foyer. Cela jusqu’en 2000. Une fois on m’a proposé un boulot de magasinier dans un hôpital. Au bout d’un mois, j’ai arrêté. Ce n’était pas mon rayon. Ensuite, je plonge dans la drogue. J’ai fait pas mal de cure et de postcure. J’étais suivi par les assistantes et les psychiatres de l’hôpital Marmottan. J’ai fait de la prison à Fleury. Puis finalement je suis entré dans un programme Méthadone à Cochin. À ce moment, j’étais très bien entouré par des gens très compétents. C’est eux qui m’ont sorti du RMI pour me diriger vers l’AAH (Allocation Adulte Handicapé). Il me le donnent depuis 4 ans et je devrais pouvoir le toucher jusqu’en 2014.
En ce qui concerne le logement, je loge dans un ALGECO qui se trouve dans le Bois de Boulogne. Pour le logement, je me suis adressé au CAS SDF de la rue Stendhal. J’y vais surtout pour le courrier, sinon il n’y a rien. Je suis allé à la mairie faire une demande de logement. Ils ont mis mon nom dans un fichier, mais il ne proposent rien. Un moment, pour le logement, je suis passé par Les Petits Frères des Pauvres. Mais ils prenaient presque toute l’AAH pour payer l’hôtel. Ils me disaient d’aller manger dans les foyers.
Je ne suis pas au RMI pour l’instant. Entre la fin de mes droits assedic et le début de mon congé maternité, j’aurais pu toucher le RMI. Pendant quatre mois à peu près. Mais pour une période si courte, les démarches me semblaient trop longues. Je me suis fait entretenir par mon mari. Par contre quand mon Congé parental se terminera, je pense passer au RMI.
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