| publié le 30 mars 2006 |
Appel pour un Euromayday à Londres
MAYDAY PARADE A LONDRES : RDV A MIDI A CLERKWELL GREEN EC1 REJOIGNEZ LE BLOC AUTONOME

A l’occasion de ce May Day, nous invitons tous les travailleurs auto-organisés, les travailleurs migrant, les travailleurs non-syndiqués, les intérimaires, les travailleurs au noir, les chômeurs, les free-lance, ceux qui rejettent le travail et tous ceux qui se tiennent en marge des syndicats traditionnels à rejoindre notre bloc autonome à la marche TUC. Pour faire du May Day le jour où les invisibles prennent la parole.
Le 1er mai est la journée internationale des travailleurs, née de la lutte pour la journée de travail de 8 heures en 1886. Plus d’un siècle après, nos vies sont toujours accaparées par le monde du travail. Même plus encore aujourd’hui, alors que le travail imposé par le capitalisme est toujours plus précaire (contrats temporaires, flexibilité, temps partiel, zéro temps !), forçant notre adaptation au point qu’il est difficile de dire où et quand nous travaillons, quant toutefois nous pouvons travailler. Cette situation met nos vies en suspend, à la disposition et à la merci du marché. Le 1er mai est un jour férié, et pourtant pour nombre d’entre nous ce sera juste une autre journée de boulot. Notre temps libre est meublé d’angoisses. Celle de ne pas pouvoir payer le loyer, se permettre d’aller au cinéma, au resto, de ne pas pouvoir remplir le frigo, s’habiller, tout ! En réalité notre travail ne se termine jamais et quand nous n’y sommes pas nous finissons toujours par enrichir quelqu’un d’autre.
Aspirer à une retraite paisible est amené à devenir un vieux souvenir, quand nous devrons bosser jusqu’à la mort, et que la crise des retraites laisse beaucoup d’entre nous dans la peur d’une vieillesse misérable.

A travers l’Europe on appelle ces nouvelles conditions de vie et de travail « précarité » et ces dernières années les parades de l’EuroMayDay réunissant les travailleurs précarisés, temporaires, à temps partiel, immigrés et chômeurs, ont défilé dans les capitales européennes pour réclamer de nouveaux droits sociaux. Les émeutes des jeunesses de banlieue marginalisées et la révolte contre les contrats précaires pour les jeunes salariés en France, les grèves massives du secteur public sur les retraites et la mobilisation des agents de propreté en intérim pour un salaire décent au Royaume Uni expriment toutes cette lutte contre une vie précaire.
Pour ce May Day nous revendiquons la liberté de mouvement à travers les frontières pour tous et le droit de résider et de travailler dans le pays choisi, tout en bénéficiant de la liberté et des droits de sa population. Nous rejetons un système d’immigration qui permet les mouvements de marchandises mais pas des individus, des riches mais pas des pauvres, qui oblige les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile à choisir entre la misère et le travail illégal, souvent dangereux.
Au 1er Mai, nous agissons solidairement avec les nombreuses actions du réseau May Day contre la précarité et l’insécurité sociale qui se sont installées à travers le monde ; avec le refus des travailleurs de France d’un avenir ou la seule certitude est l’insécurité. Nous agissons en Mai car le 1er est une célébration des luttes gagnées par les travailleurs pour un monde meilleur. Un jour de moins à travailler et un jour gagné pour nous.
Traduction http://www.hns-info.net